dé/ré affectations à Haren > pierre et sara
des extraits de notre matière… (avec les fautes d’orthographes)
il manque des parties importantes… je les mettrai en ligne prochainement
OBJECTIFS
L’objectif de notre travail est de comprendre la notion de désaffectation dans le cadre de Haren. Il s’agit de fournir une évaluation du potentiel que représentent les espaces libres à Haren. Nous espérons aussi fournir des clés et des outils de compréhension du processus qui accompagne l’abandon d’un espace et des approches permettant sa réaffectation ou son occupation par un usage temporaire.
Dans un premier temps nous mettrons en évidence les pressions extérieures et supérieures qui perturbent le cycle de vie d’un espace en s’appuyant sur le contexte social, politique et urbanistique du territoire. Il s’agira ensuite de mettre en évidence les possibilités des différents sites recensés, d’en évaluer l’utilisation actuelle et d’offrir des pistes à leur valorisation.
De plus, il nous paraît important de mettre en évidence le sentiment plus global de délaissement qui pèse sur Haren. Non plus le fait de désaffectation de sites en particulier mais une ambiance plus générale d’un « village délaissé par le centre qui l’a englobé ».
Mais au-delà de ces impressions fournies par le site, nous voudrions montrer qu’il peut être intéressant de déplacer son regard face à cette situation afin d’entrevoir cette instabilité comme propice à de nombreuses disponibilités.
NOTIONS
Au fur et a mesure de notre réflexion nous avons précisé un certain nombre de notions se rapportant au phénomène de la désaffectation. La précision du sens que nous donnons aux termes résulte d’un retour à leur signification première et de la mise en contexte de ces termes dans notre travail
Nous utilisons le terme de désaffectation pour désigner un espace qui n’assure plus sa fonction première.
Un espace abandonné est défini comme non utilisé, voire non entretenu par ses responsables(propriétaire/locataire/pouvoirs publics/…).
Les délaissés sont les espaces abandonnés, oubliés des usages majoritaires.
Les espaces non-qualifiés sont des espaces dont la fonction ne necessite aucun traitement particulier et dont les appropriations et usages s’en trouvent restreints.
Nous distinguons aussi la fonction de l’usage d’un espaces. La fonction étant l’activité que l’on a assignée à l’espace et qui a constitué l’enjeu premier de son organisation alors que l’usage est perçu comme une appropriation de l’espace qui s’apparente plus à une utilisation temporaire ou informelle du lieu.
LE VIDE DANS LA VILLE
Depuis l’industrialisation et l’exode rural qu’a connu le 20ème siècle, les villes comme Bruxelles ont connu une évolution vers la métropolisation. Ceci a eu pour conséquences la démultiplication de l’échelle des villes et la complexification de leur structure. Le modèle rigide de propriété et de fonctionnalisme sectoriel, mis en place par la modernité, n’a pas su s’adapter à ces mutations. Une des conséquences de ce décalage a été la multiplication du vide et des espaces non-qualifiés dans les villes.
Plus concrètement nous observons divers phénomènes qui agissent sur cette création de vide.
Tout d’abord, la mutation de la ville en centre de gestion de l’activité de production et de consommation a généré la décentralisation des zonings industriels et des centres importants du commerce. A ce phénomène s’ajoute le déclin de l’aire industrielle qui a provoqué la désertion des anciens sites industriels plus proches du centre. Un autre phénomène plus contemporain, qui s’apparente fortement au précédent, est la surenchère constante des zonings de bureaux accélérant la mobilité des entreprises et laissant inoccupés des zonings entiers considérés comme inadaptés ( cfr. travail de Christelle et Elodie).
L’ensemble de ces phénomènes a contribué à cette présence palpable de vide dans la majorité des grandes villes occidentales.
DEVELLOPEMENT DU PROCESSUS DE DESAFFECTATION
Un site est défini par un certain nombre de caractéristiques: un propriétaire, une fonction, une localisation, un certain nombre d’usages qui lui sont propres. Dans leur histoire certains terrains et bâtiments sont soumis à différents types de pressions qui perturbent leur fonctionnement et leur occupation. Ceci les entraîne dans un processus de désaffectation.
Ces pressions peuvent être:
-La spéculation qui entraîne un désintérêt de certains sites laissés alors vacants ;
-La programmation de projets d’infrastructure ou de restructuration urbaine qui prévoient la destruction de sites dès lors laissés à l’abandon et ceci faute de longévité ;
-Une confusion administrative qui provoque la déresponsabilisation des propriétaires face à l’entretien de bâtiments ou terrains qui se retrouvent inutilisés car moins attrayants sur le marché.
Ces lieux abandonnés ou désaffectés deviennent alors propices à toutes sortes d’appropriations et d’usages spontanés, sauvages et informels. Mais au-delà de ça, ces espaces sont un vrai potentiel pour développer des initiatives d’usages temporaires ou encore pour prévoir leur reconversion dans un nouveau type de fonction à plus long terme. De plus en plus d’organismes et d’associations (Precare, City mind,…) se mobilisent afin d’informer et de conseiller des initiatives de réappropriation des « vides » en ville. Ils soutiennent ainsi une vision de la planification et de l’occupation des villes non plus du haut vers le bas(planification générale imposée) mais bien par le développement d’initiatives locales mieux appropriées aux besoins réels de la population. C’est dans cette optique que nous proposons notre travail comme un outil capable de générer une dynamique différente du développement et de l’utilisation de la ville.

HAREN
Situé en périphérie de la ville de Bruxelles à laquelle il est annexé depuis 1921, le territoire de Haren fut utilisé dans la planification de l’ensemble de la ville.
D’abord la construction du canal de Willebroek (réalisé entre 1551 et 1561) et l’arrivée du chemin de fer à Bruxelles en 1834 ont constitué des facteurs importants dans le développement de l’industrialisation à Haren, jadis agricole.
Après, la création du terrain d’aviation en 1914, et de la SABCA en 1920, amenèrent la ville de Bruxelles à annexer les communes de Laeken, Haren et Neder-over-Hembeek.
A l’heure de la planification des activités par secteurs, Haren sert de refuge aux infrastructures gênantes, nécessaires à l’organisation de Bruxelles( cfr. travail des Elises ). A différent stade d’évolution, Haren sera sujette à des sacrifices. Les décisions concernant son avenir propre et la qualité de son environnement seront mises de côté à l’avantage du développement du centre économique de la ville. Se succèderont les besoins d’industries, de transports, d’habitats, de bureaux, de mobilité, d’institutions internationales,….
Les décisions issues de l’urbanisme planificateur ont sans cesse changé d’orientation, laissant Haren dans un état d’entre-deux constant. Les infrastructures importantes telles que les zonings industriels dans un premier temps et zonings économiques / scientifiques ensuite représentent par exemple d’importants espaces vides dont les réaffectations restent encore non traitées.
L’apparition du processus de désaffectation est donc à mettre en relation avec divers facteurs propres à Haren. Ceux-ci sont liés a sa situation économique, politique et sociale.
• Les pressions en matière d’urbanisme dont les objectifs varient régulièrement. Haren ayant été utilisé à différentes époques comme territoire sacrifié.
• La déresponsabilisation des autorités par rapport à l’entretien des sites, rejetant la faute tour à tour sur les autorités voisines. Ceci est la conséquence de la localisation de Haren sur un territoire limite entre la région bruxelloise et la région flamande, et du fonctionnement même de l’administration belge dont les responsabilités sont distribuées d’une part à la ville de Bruxelles, d’autre part à la Région. Chacun fixe ses propres enjeux en fonction de ses nécessités et accords respectifs.
• Le mode d’utilisation basé sur une économie majoritaire prenant racine dans un idéal de propriété et des pratiques sédentaires. Les pouvoirs publics semblent utiliser ce mode de fonctionnement afin de geler certaines zones en vue de projets d’infrastructures ou d’aménagement.
• Les pressions spéculatives issues de la situation économique et immobilière de Bruxelles. En effet Haren est caractérisé par une disponibilité d’espaces dans une périphérie proche d’un pôle attractif qu’est le centre de Bruxelles et est relativement connecté au réseau de mobilité.
• Sa situation d’enclave due à sa localisation et à ses frontières (Otan, gare de formation, canal, autoroute, aéroport, topographique, chemin de fer…)( cfr. Travail de Paul et Colin ).
De manière plus générale, la situation de mutation constante que connaît Haren, y développe un cadre de vie ambigu. Les signes d’abandon comme le non-entretien, l’absence de commerce de proximité ou d’activités culturelles, un nombre important de zones désaffectées/délaissées/à l’abandon… semblent prendre le dessus sur le processus de réaménagement pourtant existant mais perçu comme instable. Cela se traduit par un sentiment général de désaffectation et de délaissement dans un cadre ou les nuisances sont constantes.
Malgré ce sentiment, nous avons pu observer que les espaces abandonnés, délaissés, voir désaffectés sont le lieu d’usages informels : promenade, points de vue, circulations(sentiers), rencontres, …). Nous avons aussi pu observer des formes d’appropriations actives et parfois même engagées et créatives : dépôts d’immondices, panneaux sauvages « propriété privée », entreposage, mais aussi création de potagers, peintures murales(graffitis), fêtes, … . Cela constitue actuellement une représentation faible du potentiel des différents espaces disponibles à Haren. L’accessibilité des sites est souvent restreinte par des grillages ou des murs. Selon cette contrainte, l’appropriation ou les usages sont plus ou moins freinés. Par exemple, le bâtiment à l’angle de la rue Rittweger, de par son accessibilité, a permis une appropriation par des graffeurs et des fêtards. D’un autre coté, différentes initiatives de reconversion d’anciens bâtiments industriels tel que le karting ou la carrosserie de la rue Witloof nous sont apparues comme génératrices de dynamiques nouvelles. Il ne semble pas exister d’initiatives actives organisées concernant l’utilisation alternative des espaces libres de Haren, hormis peut être la pratique des potagers ou d’accords ponctuels et anecdotiques entre l’IBGE et des particuliers.
Serait-il possible de considérer ce processus de désaffectation-réaffectation non plus comme un état d’instabilité mais bien par un point de vue ré-créatif, laissant la place selon une temporalité différente à une pratique différente de l’espace et de son affectation ?
Certaines appropriations (officielles ou non) sur d’autres territoires ont déjà permis d’entrevoir de nouvelles possibilités telles que des occupations temporaires, des usages éphémères ou encore des réaffectation. Celles-ci se situent en général dans les zones franches des villes, dans des espaces libérés de contraintes liées aux usages et modes de vie majoritaires. Cependant, dans un grand nombre de cas, ces pratiques émergent de milieux créatifs dans le centre des villes, plus propice aux développements culturels.
Dans le cas de Haren, sa situation en périphérie serait l’occasion de repenser ce réseau en marge, de tester ses limites. Les conséquences de la planification et de la métropolisation ont en effet produit des interstices au sein des villes, mais les périphéries voir zones frontières sont à l’heure actuelles marquées elles-aussi par l’impact d’un mode de planification issus de la modernité. La connectivité des villes excluant certain territoire, il serait opportun de repenser les usages et pratiques naissantes en leur sein.
